Le soir de la générale

Création 2005

Pièce de Claire Béchet                                                                                            Conception filmique et mise en scène Nabil El Azan                                                   Musique originale Michèle Claude
Lumières Marc Martinez                                                                                                         Équipe du film : Réalisateur Karim Boutros-Ghali. Chef opérateur Pukyo Reiz de Somocurcio. Chargée de production Cécile Pico. Assistante caméra Jenane Dagher. Monteur Wissam Charaf

avec                                                                                                                                         Anny Romand


Lieux des représentations

La Manufacture / Scènes contemporaines. Avignon OFF 2005                                        Théâtre Mouffetard, Paris. 2006                                                                                   Festival Croisements, Beijing. 2008


Une production de La Barraca, avec le soutien de la Drac-Île de France


La pièce

La nuit est silencieuse.
Soudain, au bruit de ses pas répond le bruit d’autres pas.
Ceux d’un homme.
Elle l’entend qui la suit sur le quai, dans sa rue, dans l’escalier. Le voilà derrière elle dans sa chambre.
Elle sent son regard sur son corps, son souffle sur la nuque. Jusqu’où ?


Notes de mise en scène

Il y a la qualité d’écriture de Claire Béchet. Ces phrases courtes comme le souffle coupé, répétitives comme l’obsession, précises et tranchantes comme le désir.
il y a aussi la nuit, avec ses vagues à l’âme, ses mystères, ses échappées secrètes, ses fantasmes.
C’est ça qui me trouble, un univers d’errance, d’apesanteur, de flottement, d’incertitude, où tout est possible, comme dans un rêve. C’est fascinant un rêve. Son jeu avec le réel, sa force de délivrance, sa nécessité. Comme le théâtre, il nous aide à vivre.
C’est tout ça dont je creuse les profondeurs, sur scène, à l’image, multipliant les plans, les lignes d’accès, de fuite, les angles, les points de vue, emmenant le spectateur dans un univers de sens, où il s’agit précisément de sentir l’expérience du personnage, de la vivre . La réflexion viendra après, peut-être.                            Anny Romand (que je retrouve avec bonheur) est le guide de ce voyage nocturne, sensuel et    trouble. À la fois sur scène et sur l’écran, elle se livre, corps et âme, figure démultipliée à l’infini du désarroi d’être de ce monde. Nabil El Azan


Revue de presse (extraits)

LE PARISIEN A mi-chemin entre le théâtre et le cinéma, monté comme un thriller, « Le soir de la Générale » sur les planches du Mouffetard jusqu’à la fin de ce mois de décembre, procure d’agréables frissons. Suspens haletant garanti jusqu’à la dernière minute.

FIGAROSCOPE Anny Romand procure un rare instant de théâtre. Bien dirigée par Nabil El Azan, elle s’empare du texte de Claire béchet avec une grande évidence. On suit l’histoire avec une certaine tension, le suspense faisant son oeuvre. Une heure de théâtre juste et agréable. 

WEBTHEA  Une plume à suivre, Claire Béchet est une jeune auteur. Son écriture est faite de petites phrases brèves, percutantes où la la ponctuation est travaillée comme une respiration, un souffle. Son style est très musical. Nabil El Azan est un metteur en scène lettré, passionné par les textes contemporains. En découvrant ce texte, il a tout de suite été envoûté par la musicalité de Claire Béchet. Il a construit sa mise en scène comme un thriller psychologique. Qui est cet homme ? Et elle, que veut-elle ? L’utilisation de vidéo ou de film n’est toujours pas probante au théâtre, mais ici, le film nous dévoile les rues, l’environnement de la femme. L’Alliance du film et du plateau tisse l’ambiance du spectacle, soutenu par la musique envoûtante de Michèle Claude. Nabil El Azan a imposé à sa comédienne Anny Romand, une immobilité totale. Seule sa silhouette filmée est en mouvement. Anny Romand soutient seule ce récit hypnotique, fascinant et délicieusement sensuel qui laisse à chaque spectateur la libre interprétation de ce mystère.

VISIOSCÈNE Nabil El Azan a imaginé un dispositif scénique simple, mais plus que sensuel. Il place son personnage devant un écran géant sur lequel il projette les images noir et blanc de son corps en mouvement. Un ralenti, une caresse de la caméra sur cette silhouette qui s’exprime avec douceur. Un manteau qui glisse, rien de plus. La femme se regarde vivre ces instants avec résignation, redécouvre ses sensations avec curiosité. Un exercice d’art dramatique linéaire de haute volée pour Anny Romand, ne serait-ce que pour la mémorisation du texte qu’aucun jeu de scène ne vient soutenir. Une impeccable diction pour cette lente plongée dans l’intimité de la femme et le mystère de ses attachements, de ses détachements. Un théâtre en lenteur et en apesanteur. Une mise en scène très sobre qui permet de s’approprier l’histoire de cette femme suivie par un inconnu. Chacun imaginant à sa manière la suite de l’histoire.

FROGGY’S DELIGHT Un moment de grâce. Tout dans ce spectacle relève de l’épure totale, en une symbiose idéale. Le texte de Claire Béchet d’abord, limpide et profond, calme et angoissant, un verbe simple à la musicalité malherienne. Texte que la mise en scène de Nabil El Azan travaillé en profondeur. Et puis Anny Romand. Magnifique, belle, émouvante, elle dit sans gestes inutiles, sans démonstration pléonastique alors qu’en fond de scène sont projetées des images, les images mentales qui accompagnent son propos, ses images mentales qui la font devenir spectatrice d’elle-même.

L’Orient-le JourUn récit intimiste, un voyage entre fantasme et solitude. Le récit sobre, très justement servi par Anny Romand, déroule une écriture travaillée comme une partition de musique. La caméra intimiste de K. Boutros-Ghali, avec ses images en noir et blanc, ses ralentis, offre une autre dimension au récit, réussissant à plonger le spectateur dans l’imaginaire du personnage, au plus profond de son inconscient. 

EVENE.fr Texte envoûtant de Claire Béchet. Tout est dans les mots, le récit… Le texte nous entraîne dans un monde à part, dans le monde de ce personnage, avec une langue limpide et juste. 


Photos